28 juillet 2026
Le Royaume-Uni ferme partiellement le robinet
La Belgique n’a jamais autant dépendu de ses voisins pour s’alimenter en électricité. Au premier semestre 2026, notre pays a importé 12,5 TWh nets, soit un rythme qui pulvériserait le record national de 2015. C’est dans ce contexte que le gestionnaire de réseau britannique Neso vient d’annoncer qu’il limiterait plus souvent la capacité de quatre interconnexions avec le continent, dont le câble Nemo Link qui relie Zeebrugge au Kent. Une décision technique, prise à Londres, qui finira par se lire sur votre facture d’électricité.
Ce que le Royaume-Uni a décidé, et pourquoi
Le National Energy System Operator (Neso), l’équivalent britannique d’Elia, va recourir plus fréquemment à une procédure qui existait déjà : décider la veille pour le lendemain de plafonner la capacité de certaines liaisons haute tension. Quatre interconnexions sont concernées : North Sea Link (Norvège), Viking Link (Danemark), ElecLink (France) et Nemo Link (Belgique).
L’origine de cette décision est à chercher dans la canicule de juin. Faible production éolienne, disponibilité réduite de certaines centrales au gaz, demande électrique soutenue par la climatisation, flux d’interconnexion défavorables : la combinaison a placé le réseau britannique dans des marges d’exploitation très serrées. Neso a dû émettre des avis de marge électrique en plein été, ce qui ne s’était jamais produit. Le régulateur britannique a depuis lancé une revue indépendante des décisions prises durant cette semaine.
Neso indique que les restrictions seront réparties de manière équitable entre les liaisons concernées, sur base de la capacité déclarée deux jours à l’avance. Traduction : quand le système britannique sera sous tension, le câble belgo-britannique deviendra une variable d’ajustement.

Pourquoi cela concerne directement la Belgique
Une interconnexion n’est pas un tuyau à sens unique. En 2025, la Belgique était encore exportatrice nette vers le Royaume-Uni à hauteur de 2 TWh. Le problème n’est donc pas de perdre un fournisseur, mais de perdre de la souplesse au moment précis où elle a le plus de valeur.
Or notre situation a changé radicalement. Doel 1, Doel 2 et Tihange 1 ont été arrêtés en 2025. Doel 4 et Tihange 3, les deux derniers réacteurs en activité, sont à l’arrêt d’avril à octobre en 2026, 2027 et 2028 pour les travaux de prolongation jusqu’en 2035.
12,5 TWh
Importations nettes
d’électricité au premier semestre 2026 (CREG)
42 %
Part de la consommation belge couverte par les importations en
avril 2026
58 %
Pic de dépendance journalière
atteint le 18 avril 2026
Un système électrique qui dépend à ce point de ses voisins est un système dont les prix deviennent le reflet de la météo et des tensions chez les autres, pas seulement chez nous.
La canicule de juin l’a démontré. Quand plusieurs pays du nord de l’Europe subissent le même stress au même moment, personne n’a de surplus à vendre. Les prix day-ahead ont franchi les 400 €/MWh sur une large partie du continent, avec des pointes nettement supérieures en Belgique. Ce ne sont plus des accidents isolés, c’est le nouveau régime de fonctionnement du marché européen.
Ce que cela change concrètement chez vous
Il faut être clair : personne n’annonce de coupures. Elia dispose de mécanismes de réserve, et le réseau belge a tenu jusqu’ici. L’impact pour un ménage wallon ou bruxellois se situe ailleurs, et il est double.
Un écart croissant entre heures creuses et heures de pointe. Plus le pays dépend des importations et du renouvelable, plus le prix horaire de l’électricité s’écarte de sa moyenne. Sur les contrats indexés sur EPEX SPOT, un rapport de 1 à 6 entre le creux de nuit et la pointe du soir est aujourd’hui courant, avec des heures parfois gratuites ou à prix négatif en milieu de journée. La structure tarifaire wallonne va dans le même sens : le tarif IMPACT applique un surcoût sur les heures de pointe saisonnières, entre 17h et 21h de novembre à mars, précisément les créneaux où le système est le plus sollicité.
Une exposition accrue aux aléas extérieurs. Une décision prise par un gestionnaire de réseau étranger, un incident sur une liaison, une vague de chaleur simultanée sur plusieurs pays : autant d’événements sur lesquels un ménage n’a strictement aucune prise, mais qui se répercutent sur le prix du kWh qu’il achète le soir.
La flexibilité locale n’est plus un supplément d’âme
Face à cela, deux réponses coexistent. La première est nationale : nouvelles capacités de production, renforcement du réseau, mécanismes de capacité. Elle prendra des années. La seconde est immédiate et se déploie maison par maison : déplacer la consommation dans le temps.
C’est exactement ce que fait une batterie domestique pilotée intelligemment.
Consommer sa propre production plutôt que d’acheter au pire moment
Sans stockage, un ménage équipé de panneaux solaires autoconsomme en moyenne 30 % de sa production. Avec une batterie et un pilotage automatique, cette part monte à environ 60 %. Chaque kWh autoconsommé est un kWh qui n’est pas acheté au réseau au tarif plein, au moment où ce tarif reflète les tensions d’un marché européen sous pression.
Acheter quand c’est bon marché, consommer quand c’est cher
L’EMS (Energy Management System) d’Azimut analyse chaque heure votre profil tarifaire, les prévisions de production solaire et vos habitudes de consommation, puis calcule la trajectoire de charge optimale sur 24 à 36 heures. La batterie se recharge la nuit ou pendant les heures à prix négatif, et alimente la maison durant la pointe du soir. Sur un système de 10 kWh avec un contrat dynamique, le gain se situe généralement entre 250 et 400 € par an, selon votre profil de consommation.
Contribuer à l’équilibre du réseau, et être rémunéré pour cela
C’est le point le plus directement lié à l’actualité. Les batteries Azimut connectées peuvent être agrégées en centrale électrique virtuelle et participer aux réserves primaires FCR d’Elia, celles qui maintiennent la fréquence du réseau à 50 Hz. L’activation représente une dizaine de secondes par semaine, à environ 10 % de la puissance nominale : aucun effet perceptible sur la batterie ni sur votre confort. Azimut ne prélève aucun frais fixe et reverse 50 % des revenus au client.
Autrement dit, chaque batterie domestique installée en Wallonie ou à Bruxelles est un petit morceau de flexibilité qui ne dépend d’aucun câble sous-marin.
Rester alimenté si le réseau décroche
Enfin, l’alimentation secourue bascule automatiquement en moins de 20 millisecondes en cas de coupure. Les circuits raccordés à la sortie de secours continuent de fonctionner, et vous recevez un SMS avec l’autonomie estimée. La puissance disponible en mode secours est volontairement dimensionnée pour les usages essentiels : éclairage, réfrigérateur, box internet, équipements courants. Ce n’est pas le scénario le plus probable, mais c’est celui qui coûte le plus cher quand il se produit.

Ce qu’il faut retenir
Dans ce contexte, la question n’est plus de savoir s’il faut une batterie, mais si la vôtre sait tirer parti automatiquement des bons créneaux. Un système intelligent transforme une contrainte macroéconomique subie en avantage domestique concret, sans que vous ayez à changer quoi que ce soit à vos habitudes.
Estimez ce que cela représente chez vous
Notre calculateur en ligne donne une première estimation en quelques minutes. Notre réseau d’installateurs agréés peut ensuite affiner l’analyse sur base de votre installation existante.
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